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 dysfonctionnement des salles romandes

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twix
Chouette Lutin
Chouette Lutin
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MessageSujet: dysfonctionnement des salles romandes   Ven 27 Avr - 9:20

le sujet me semble assez intéressant pour ouvrir une nouvelle discussion

Yavin a écrit:
Citation :
La mission impossible des Docks

L’Exécutif lausannois confirme la nécessité pour le club de promouvoir les groupes du cru.

Lors de la crise qu’ont traversée les Docks, de 2006 à 2008, des objectifs leur ont été fixés: «Offrir une scène aux groupes locaux; valoriser la créativité locale.» Il s’agissait de justifier les 680 000 fr. de subventions publiques annuelles, ainsi que le million et demi environ voté entre 2007 et 2008.

La suite dans 20minutes.ch

Avec un passage qui devrait faire jaser:

Citation :
«Mais cette salle se casserait la figure financièrement, constate-t-il. Alors pourquoi la subventionner pour faire venir jouer à 70 fr. le billet des groupes de rap des Etats-Unis?»

twix a écrit:
C'est hallucinant, je comprends pas comment on peut justifier une telle somme de subvention avec des billets parfois très chère et des groupes régionaux qui ne doivent pas demander des cachets exorbitant.
A titres de comparaisons, je me demande ce que reçois Fri-Son, l'Usine ou le Romandie.

De plus il y a un phénomène avec Fri-Son qui me semble très étrange. Les jeudi soirs, il y a souvent des soirées sans grands intérêt musical mais où l'entrée est gratuite et la bière à 2 francs jusqu'à 23h. Résultat, la Bobine (petite salle) est souvent pleine au point que cela devient insupportable. Les vendredi ou samedi, soirée techno intéressante avec une entrée autour des 10, 15 francs mais maximum 20 personnes dans la Bobine. Il y a un problème entre le public et la salle ?
A côté de ça, Fri-Son a émis dans La Liberté l'idée de pouvoir déménager dans l'ancienne usine Cardinal pour augmenter ça capacité de deux mille places et contré la concurrence de Lausanne et Zürich. Mais elle penne déjà à remplir actuellement avec une programmation assez pauvre comparé au Docks qui ont une plus petite capacité et des belles têtes d'affiches souvent complète (The Kills, M83, ...). Surtout que Fri-Son a investit l'automne passé dans la rénovation de son mur extérieur avec l'idée de mieux s'implanter dans le quartier en évolution.

scratch scratch scratch
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cynosargos

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MessageSujet: Re: dysfonctionnement des salles romandes   Ven 27 Avr - 10:08

Les Docks, c'est une longue histoire et un dossier "lourd" financièrement et politiquement...

L'infrastructure appartient à la ville (qui a racheté de le "Théâtre des roseaux" d'Expo 02 et l'a implanté à Sévelin, donc), qui alloue en outre au club la subvention annuelle dont il est question dans l'article, plus les "effacements d'ardoise" mentionnés dans l'article.

La Ville a fait des choix politiques de merde: acheter une infrastructure censée accueillir pratiquement 1000 spectateurs et doter la salle d'un management professionnel sont les deux plus graves. Sauf erreur, il y avait au départ (quand Emmanuel Gétaz en était directeur) 6 salariés à plein-temps!!! À la même époque, si mes souvenirs sont bons, Fri-Son comptait au total 1,5 emploi à plein-temps pour la programmation et l'administration d'une salle de taille comparable. De plus, il y a eu une fronde des clubs et boîtes de nuit de Lausanne qui ont exigé que Les Docks ne fassent que des concerts (pas de soirées disco, donc) invoquant une concurrence déloyale (vu les subventions de la Ville). La Ville a cédé. Donc, management professionnel + pas de soirées avec bénéfice garanti (contrairement à Fri-Son, au Romandie, à l'Usine, à Bikini, etc.) = déficits colossaux que la ville a dû éponger. Autre preuve d'incompétence politique (J. J. Schilt, municipal de la culture) et administrative (la cheffe du service de la culture de Lausanne dont j'ai oublié le nom): l'objectif de promouvoir la scène locale dans une salle de pratiquement 1000 personnes... C'est si gros qu'on peut se demander si eux-mêmes y ont cru, ne serait-ce qu'un instant...

Pour le Romandie, je crois que c'est difficile financièrement, même avec la subvention de la ville (d'un montant nettement inférieur à celle des Docks, je crois me souvenir que c'est autour de 100'000 francs par an) et les soirées disco. Nemo est mieux placé pour donner des infos précises, pas.
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ctgal
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MessageSujet: Re: dysfonctionnement des salles romandes   Ven 27 Avr - 10:53

cynosargos a écrit:
Pour le Romandie, je crois que c'est difficile financièrement, même avec la subvention de la ville (d'un montant nettement inférieur à celle des Docks, je crois me souvenir que c'est autour de 100'000 francs par an) et les soirées disco. Nemo est mieux placé pour donner des infos précises, pas.

Si je ne me trompe pas, la seule "subvention" que touche Le Romandie, c'est une ristourne de loyer..
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Yavin

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MessageSujet: Re: dysfonctionnement des salles romandes   Ven 27 Avr - 10:56

Alors d'après ce que j'ai pu trouver sur internet (et ça remonte déjà à quelques années), Fri-son disposerait d'un budget de 1.5 millions de francs et de près de 80% de recettes propres (www.kulturundoekonomie.ch/forum06/referate/Kinzer.pdf). Selon un autre article (http://www.hebdo.ch/lavenir_de_la_culture_passe_par_un_financement_17396_.html), la salle fribourgeoise percevrait "une subvention intercommunale qui représente à peine 10% de son revenu", ce qui corrobore les premières infos.

Le Romandie fonctionne apparemment "sans l’ombre d’une subvention (si l’on excepte le loyer)". (source: http://www.leromandie.ch/__interne/content.php?a=284,280)

Et pour l'Usine, la ville de Genève allouerait une subvention annuelle d'environ 300 000 francs suisses à la galerie Forde, le cinéma Spoutnik et au Théâtre, la salle PTR recevant pour sa part 250 000 (source: http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Usine_%28Gen%C3%A8ve%29).

Alors, si bien sûr la subvention des Docks a de quoi étonner de prime abord par son ampleur, les autres salles romandes (excepté le Romandie apparemment) ne sont pas en reste. Quand à ses billets parfois très chers et ses groupes pas si régionaux, je crois que personne sur ce forum n'a craché sur la venue de Grinderman...
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cynosargos

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MessageSujet: Re: dysfonctionnement des salles romandes   Ven 27 Avr - 11:57

ctgal a écrit:
cynosargos a écrit:
Pour le Romandie, je crois que c'est difficile financièrement, même avec la subvention de la ville (d'un montant nettement inférieur à celle des Docks, je crois me souvenir que c'est autour de 100'000 francs par an) et les soirées disco. Nemo est mieux placé pour donner des infos précises, pas.

Si je ne me trompe pas, la seule "subvention" que touche Le Romandie, c'est une ristourne de loyer..

C'est juste, mea culpa.
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MessageSujet: Re: dysfonctionnement des salles romandes   Ven 27 Avr - 12:09

Yavin a écrit:
Alors, si bien sûr la subvention des Docks a de quoi étonner de prime abord par son ampleur, les autres salles romandes (excepté le Romandie apparemment) ne sont pas en reste.

De prime abord seulement? Les Docks touchent 680'000 francs par an contre 150'000 à 300'000.- pour Fri-Son (c'est ce que l'on peut déduire des chiffres que tu mentionnes), salle de taille comparable. La différence est considérable, un point c'est tout.

Yavin a écrit:
Quand à ses billets parfois très chers et ses groupes pas si régionaux, je crois que personne sur ce forum n'a craché sur la venue de Grinderman...

Les gens éduqués (tel est mon cas) ne crachent pas. Et sur le fond, quand bien même je suis fan de Nick Cave et, partant, de Grinderman, il était exclu que je mette 85/90 francs pour ce concert. Question de principe.
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Yavin

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MessageSujet: Re: dysfonctionnement des salles romandes   Ven 27 Avr - 13:28

cynosargos a écrit:
De prime abord seulement? Les Docks touchent 680'000 francs par an contre 150'000 à 300'000.- pour Fri-Son (c'est ce que l'on peut déduire des chiffres que tu mentionnes), salle de taille comparable. La différence est considérable, un point c'est tout.

Ce que je voulais dire par là, c'est que peu importe l'endroit, la culture a un coût onéreux pour la collectivité. Et Lausanne se distingue en la matière, mais apparemment cela découle surtout d'une succession de choix politiques pourris. Et la salle (ainsi que le contribuable) en paie toujours le prix fort. Comme tu as pu le dire, les Docks sont privés de soirées disco, alors que des clubs comme Fri-son tendent presque à en abuser (dixit twix), mais y trouvent des revenus intéressants. Au final, cette différence pèse peut-être pour quelques centaines ou dizaines de milliers de francs dans la subvention. Enfin, c'est beaucoup m'avancer, car je ne connais pas grand-chose du dossier...
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loicftothep

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MessageSujet: Re: dysfonctionnement des salles romandes   Ven 27 Avr - 16:36


De ce que j'ai pu comprendre en discutant avec le programmateur du Romandie, ils payent même plus d'impôt qu'ils ne reçoivent de subvention.

Sinon pour l'Usine, on trouve les même chiffres sur leur site (http://usine.ch/#/quoi/)

Après quand tu dis que c'est le contribuable qui passe à caisse oui, mais faut pas oublier que la plus grande partie des budgets culturels ne vont pas dans les salles de concerts qu'on fréquente mais dans les Grand Théâtre ou autres Comédie. Par exemple le budget culturel de la ville de Genève se compte en centaine de million. Alors à côté la subvention de l'Usine c'est vraiment pas grand chose. Même le théâtre de St-Gervais touche genre 1.5 million par an de subvention (en tout cas l'époque où ma soeur y bossait).

Bref faut relativiser un peu quand même...
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Mathemagic Melon

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MessageSujet: Re: dysfonctionnement des salles romandes   Sam 5 Mai - 8:52

twix a écrit:
le sujet me semble assez intéressant pour ouvrir une nouvelle discussion

Yavin a écrit:
Citation :
La mission impossible des Docks

L’Exécutif lausannois confirme la nécessité pour le club de promouvoir les groupes du cru.

Lors de la crise qu’ont traversée les Docks, de 2006 à 2008, des objectifs leur ont été fixés: «Offrir une scène aux groupes locaux; valoriser la créativité locale.» Il s’agissait de justifier les 680 000 fr. de subventions publiques annuelles, ainsi que le million et demi environ voté entre 2007 et 2008.

La suite dans 20minutes.ch

Avec un passage qui devrait faire jaser:

Citation :
«Mais cette salle se casserait la figure financièrement, constate-t-il. Alors pourquoi la subventionner pour faire venir jouer à 70 fr. le billet des groupes de rap des Etats-Unis?»

twix a écrit:
C'est hallucinant, je comprends pas comment on peut justifier une telle somme de subvention avec des billets parfois très chère et des groupes régionaux qui ne doivent pas demander des cachets exorbitant.
A titres de comparaisons, je me demande ce que reçois Fri-Son, l'Usine ou le Romandie.

De plus il y a un phénomène avec Fri-Son qui me semble très étrange. Les jeudi soirs, il y a souvent des soirées sans grands intérêt musical mais où l'entrée est gratuite et la bière à 2 francs jusqu'à 23h. Résultat, la Bobine (petite salle) est souvent pleine au point que cela devient insupportable. Les vendredi ou samedi, soirée techno intéressante avec une entrée autour des 10, 15 francs mais maximum 20 personnes dans la Bobine. Il y a un problème entre le public et la salle ?
A côté de ça, Fri-Son a émis dans La Liberté l'idée de pouvoir déménager dans l'ancienne usine Cardinal pour augmenter ça capacité de deux mille places et contré la concurrence de Lausanne et Zürich. Mais elle penne déjà à remplir actuellement avec une programmation assez pauvre comparé au Docks qui ont une plus petite capacité et des belles têtes d'affiches souvent complète (The Kills, M83, ...). Surtout que Fri-Son a investit l'automne passé dans la rénovation de son mur extérieur avec l'idée de mieux s'implanter dans le quartier en évolution.

scratch scratch scratch

Concernant les jeudis soir il ne faut négliger le potentiel étudiant de Fribourg, beaucoup rentre dans leur canton le vendredi soir ce qui peut drastiquement réduire la clientèle du week end.
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cynosargos

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MessageSujet: Re: dysfonctionnement des salles romandes   Mer 16 Mai - 8:59

Il y a un article intéressant dans le 24 Heures de ce jour au sujet des Docks et surtout sur le dilemme "viabiliser financièrement une salle de 1000 places"/"Promouvoir les artistes locaux et régionaux".

Pas de lien, ni de citation, parce qu'il n'est pas accessible sur le site web du journal.
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Chouette Lutin
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MessageSujet: Re: dysfonctionnement des salles romandes   Mer 16 Mai - 9:40

cynosargos a écrit:
Pas de lien, ni de citation, parce qu'il n'est pas accessible sur le site web du journal.
tu pourrais prendre la peine de le recopier Razz

je vais essayer de le lire au café
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Yavin

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MessageSujet: Re: dysfonctionnement des salles romandes   Mer 16 Mai - 13:49

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Ricklette

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MessageSujet: Re: dysfonctionnement des salles romandes   Mar 22 Mai - 9:36

Pour résumer, ce serait plus simple si les artistes comptaient pas se faire plus de thune qu'un salaire normal... Et surtout que tout ce système de fonctionnement soit revu pour que les artistes puissent vivre de leur son s'ils le veulent mais sans pour autant engraisser 1000 personnes entre deux (genre les Major à la Universal ou les Boites de booking pro genre Opus One) qui ne servent finalement absolument à rien... La culture musicale pourrait d'auto-financer s'il y avait pas des trouducs qui se faisaient des millions sur son dos...

C'était juste pour dire qu'il faut aussi viser les causes et pas seulement se poser des questions sur les effets...
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MessageSujet: Re: dysfonctionnement des salles romandes   Mer 23 Mai - 13:49

Ricklette a écrit:
Pour résumer, ce serait plus simple si les artistes comptaient pas se faire plus de thune qu'un salaire normal... Et surtout que tout ce système de fonctionnement soit revu pour que les artistes puissent vivre de leur son s'ils le veulent mais sans pour autant engraisser 1000 personnes entre deux (genre les Major à la Universal ou les Boites de booking pro genre Opus One) qui ne servent finalement absolument à rien... La culture musicale pourrait d'auto-financer s'il y avait pas des trouducs qui se faisaient des millions sur son dos...

C'était juste pour dire qu'il faut aussi viser les causes et pas seulement se poser des questions sur les effets...

Tu trouves pas que c'est une vision des choses un peu naïve?
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MessageSujet: Re: dysfonctionnement des salles romandes   Mar 29 Mai - 11:57

ctgal a écrit:
Tu trouves pas que c'est une vision des choses un peu naïve?

étant donné qu'il y a de plus en plus d'artistes qui revendiquent leur totale indépendance, non, je crois pas que ce soit naïf de penser que ça peut fonctionner... Je ne pense pas que les Majors disparaitront un jour, ça fonctionnera toujours beaucoup trop bien pour eux, malgré ce qu'ils essaient de faire croire! Par contre, la musique indépendante peut tout à fait les concurrencer! Et quand ce sera le cas, on pourra commencer à parler de la fin de l'industrie du disque!

Finalement je suis un peu naïf et utopiste sûrement, mais c'est en demandant beaucoup qu'on obtient un tout petit quelque-chose...
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MessageSujet: Re: dysfonctionnement des salles romandes   Lun 4 Juin - 14:03

Au sujet des cachets, en général (donc pas seulement pour les concerts en salle), la RTS a diffusé un sujet intéressant hier soir: http://www.rts.ch/video/emissions/mise-au-point/4039454-qui-se-remplit-les-poches-le-prix-des-billets-de-concert-a-augmente-de-20-en-5-ans.html

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MessageSujet: Re: dysfonctionnement des salles romandes   Lun 4 Juin - 18:25

cynosargos a écrit:
Au sujet des cachets, en général (donc pas seulement pour les concerts en salle), la RTS a diffusé un sujet intéressant hier soir: http://www.rts.ch/video/emissions/mise-au-point/4039454-qui-se-remplit-les-poches-le-prix-des-billets-de-concert-a-augmente-de-20-en-5-ans.html


Assez intéressant, merci pour le lien!

Une petite chose qu'ils ne mentionnent pas, c'est que les prix de production des groupes sont également plus élevés (ensuite on est d'accord, ils s'y retrouvent hein!)
Mais les gros écrans LED, la pyrotechnie etc. Il y a le matériel et des équipes techniques à payer.
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MessageSujet: Re: dysfonctionnement des salles romandes   Mar 5 Juin - 7:34

cynosargos a écrit:
Au sujet des cachets, en général (donc pas seulement pour les concerts en salle), la RTS a diffusé un sujet intéressant hier soir: http://www.rts.ch/video/emissions/mise-au-point/4039454-qui-se-remplit-les-poches-le-prix-des-billets-de-concert-a-augmente-de-20-en-5-ans.html


Ah ben voilà qui résume ma pensée... Nous on parle de musique et les gros producteurs parlent de "show-business"... Je sais pas vous, mais moi il me semble qu'il y a un sacré décalage...
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MessageSujet: Re: dysfonctionnement des salles romandes   Mar 5 Juin - 8:21

Il faut également tenir compte du renchérissement (i.e. de la hausse globale des prix ou inflation).

Dans le reportage, la hausse des prix des billets est estimée à 19,45% sur 5 ans. Il n'est pas fait mention du renchérissement qui affecte pourtant directement (cf. le prix des biens et marchandises utilisés pour organiser un concert (y compris l'électricité, l'essence/le diesel, etc.)) et indirectement à travers l'adaptation des salaires au renchérissement qui fait croître les coûts des services et de la main d'oeuvre.

En 1993, un billet pour Metallica au stade St. Jakob de Bâle coûtait 45 francs "de l'époque". Compte tenu du renchérissement enregistré depuis lors (+ 16,1%), il faudrait débourser 52 francs aujourd'hui pour assister au même concert (organisation, production, droits d'auteurs, cachet identiques, mais indexés au renchérissement).

Pour en rester aux "5 dernières années" du reportage, l'inflation entre janvier 2007 et avril 2012 a été de 4% et explique une part de la hausse de 19,45%.

Il faut ajouter les coûts d'une production plus maousse, spectaculaire pour faire (re)venir le spectateur que d'autres artistes et organisateurs tentent d'attirer sur leur propre concert (tu ne vas pas voir Metallica en 2012 pour revoir exactement le même spectacle qu'en 1993, alors que dans les jours qui suivent ou précèdent il y a une plusieurs autres événements de fortes dimensions dans un rayon de 150-200 km) et une organisation soumise à des normes (notamment de sécurité) plus strictes, donc plus coûteuse.

Donc, si l'on retranche les 4% du renchérissement, on peut se demander comment se répartissent les 15,45% restants entre (1) la hausse des cachets imputable à la logique de marché, (2) la hausse des coûts de production imputable à la concurrence pour offrir des shows toujours plus spectaculaires et (3) les coûts supplémentaires induits par le renforcement des normes de sécurité, en particulier.

Est-ce que Bon pour les oreilles, qui a donc fait ce reportage, a des infos à ce sujet?
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Kaonishi

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MessageSujet: Re: dysfonctionnement des salles romandes   Mar 5 Juin - 9:51

Ricklette a écrit:
cynosargos a écrit:
Au sujet des cachets, en général (donc pas seulement pour les concerts en salle), la RTS a diffusé un sujet intéressant hier soir: http://www.rts.ch/video/emissions/mise-au-point/4039454-qui-se-remplit-les-poches-le-prix-des-billets-de-concert-a-augmente-de-20-en-5-ans.html


Ah ben voilà qui résume ma pensée... Nous on parle de musique et les gros producteurs parlent de "show-business"... Je sais pas vous, mais moi il me semble qu'il y a un sacré décalage...

Bienvenue dans un monde capitaliste. Tout est un business, même des domaines aussi vitaux que la santé, par exemple. Pas de raison a priori que la musique y déroge. Si tu veux changer cela au delà de mesures cosmétiques, c'est tout un système auquel il faut s'attaquer.

Sinon, l'arme du consommateur dans ce système, c'est la demande.
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MessageSujet: Re: dysfonctionnement des salles romandes   Mar 19 Juin - 16:01

cynosargos a écrit:
Il faut également tenir compte du renchérissement (i.e. de la hausse globale des prix ou inflation).

Dans le reportage, la hausse des prix des billets est estimée à 19,45% sur 5 ans. Il n'est pas fait mention du renchérissement qui affecte pourtant directement (cf. le prix des biens et marchandises utilisés pour organiser un concert (y compris l'électricité, l'essence/le diesel, etc.)) et indirectement à travers l'adaptation des salaires au renchérissement qui fait croître les coûts des services et de la main d'oeuvre.

En 1993, un billet pour Metallica au stade St. Jakob de Bâle coûtait 45 francs "de l'époque". Compte tenu du renchérissement enregistré depuis lors (+ 16,1%), il faudrait débourser 52 francs aujourd'hui pour assister au même concert (organisation, production, droits d'auteurs, cachet identiques, mais indexés au renchérissement).

Pour en rester aux "5 dernières années" du reportage, l'inflation entre janvier 2007 et avril 2012 a été de 4% et explique une part de la hausse de 19,45%.

Il faut ajouter les coûts d'une production plus maousse, spectaculaire pour faire (re)venir le spectateur que d'autres artistes et organisateurs tentent d'attirer sur leur propre concert (tu ne vas pas voir Metallica en 2012 pour revoir exactement le même spectacle qu'en 1993, alors que dans les jours qui suivent ou précèdent il y a une plusieurs autres événements de fortes dimensions dans un rayon de 150-200 km) et une organisation soumise à des normes (notamment de sécurité) plus strictes, donc plus coûteuse.

Donc, si l'on retranche les 4% du renchérissement, on peut se demander comment se répartissent les 15,45% restants entre (1) la hausse des cachets imputable à la logique de marché, (2) la hausse des coûts de production imputable à la concurrence pour offrir des shows toujours plus spectaculaires et (3) les coûts supplémentaires induits par le renforcement des normes de sécurité, en particulier.

Est-ce que Bon pour les oreilles, qui a donc fait ce reportage, a des infos à ce sujet?

Désolé de répondre tard, j'avais manqué cette discussion (d'où mon doublon dans la section "Médias").

Difficile de répondre à ta question. Comme mentionné dans le reportage, ces cachets s'expliquent par les moyens scéniques toujours plus gigantesques... mais pas seulement. A entendre tout le monde - ou presque - parler de l'effet de la crise du disque pour expliquer ces augmentations, on peut en conclure que les coûts techniques n'expliquent pas tout. Mais je suis plutôt partisan d'y voir une logique de marché, la loi de l'offre et de la demande.

Maintenant, ce sujet s'attachait uniquement au marché des "grands concerts". Si l'on plonge son nez dans les festivals, on constatera une hausse tout aussi importante des cachets, mais qui ne se justifie cette fois-ci pas par les investissements scéniques (rares sont les groupes à se déplacer avec l'entier de leur structure scénique pour des open airs et surtout nombreux sont ceux qui ne proposent rien de bien spécial). Cette hausse s'observe à tous les niveaux, chez les mammouths comme chez les plus petits festivals. Il n'est pas rare de voir les cachets multiplier 4 ou 5 par rapport à une date en club. Un détail pour certains, mais un vrai problème pour plusieurs manifestations, obligées de devoir renoncer à des artistes "émergents" mais gourmands qui feraient augmenter de 5 à 10 francs à eux seuls le prix du billet sans pour autant amener énormément de spectateurs supplémentaires.

En conclusion, je me permettrai de citer une phrase lâchée par Rossellat dans l'interview qui suivait ce sujet dans Mise au point: un cachet trop cher c'est un artiste qui ne remplit pas. Et en festival, il y en a beaucoup. Franchement, quel artiste programmé à Paléo cette année pourrait avec son seul nom attirer 35'000 spectateurs (à par David Guetta peut-être)? Idem à Gurten ou Saint-Gall? Après, tous ne sont sans doute pas aussi gourmands, mais il y a quand même de sacrées exagérations (un cachet, au hasard, entendus dans un festival alémanique cette année: Atlas Sound demandait 15'000 CHF pour jouer! Dans un festival attirant 3000 personnes, c'est 5 CHF, voire un peu plus, à ajouter au prix du billet, pour un artiste qui ramènera 50 personnes peut-être. De quoi expliquer l'absence de pas mal d'artistes indés sur les scènes des festivals suisses cette année...)
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Yavin

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MessageSujet: Re: dysfonctionnement des salles romandes   Ven 22 Juin - 7:27

Aujourd'hui dans 24Heures, un article qui emboîte le pas au sujet diffusé dans Mise au Point.
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BonPourLesOreilles

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MessageSujet: Re: dysfonctionnement des salles romandes   Dim 24 Juin - 10:00

Yavin a écrit:
Aujourd'hui dans 24Heures, un article qui emboîte le pas au sujet diffusé dans Mise au Point.

Je me permets d'apporter une petite précision qui manque à l'article, selon moi. Dans le tableau en bas à gauche, titré "En Suisse, l'offre musicale explose mais la demande est stable", il faut garder en tête que ces chiffres sont ceux de la SMPA, association regroupant les 25 principaux organisateurs de concerts en Suisse. Y sont donc inclus les grands festivals (Paleo, Montreux, Gurten, Greenfield, Moons & Stars, etc.) et les concerts produits dans les stades ou les grandes salles. Mais pas les multiples petits festivals de suisses ni les nombreux concerts en clubs aux modèles associatifs (Romandie, Usine, etc.). De plus, il s'agit d'un chiffre qui regroupe à la fois les concerts payants et gratuits organisés par la SMPA. Difficile donc d'en tirer de réelles conclusions...
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cynosargos

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MessageSujet: Re: dysfonctionnement des salles romandes   Lun 25 Juin - 9:18

BonPourLesOreilles a écrit:
cynosargos a écrit:
Il faut également tenir compte du renchérissement (i.e. de la hausse globale des prix ou inflation).

Dans le reportage, la hausse des prix des billets est estimée à 19,45% sur 5 ans. Il n'est pas fait mention du renchérissement qui affecte pourtant directement (cf. le prix des biens et marchandises utilisés pour organiser un concert (y compris l'électricité, l'essence/le diesel, etc.)) et indirectement à travers l'adaptation des salaires au renchérissement qui fait croître les coûts des services et de la main d'oeuvre.

En 1993, un billet pour Metallica au stade St. Jakob de Bâle coûtait 45 francs "de l'époque". Compte tenu du renchérissement enregistré depuis lors (+ 16,1%), il faudrait débourser 52 francs aujourd'hui pour assister au même concert (organisation, production, droits d'auteurs, cachet identiques, mais indexés au renchérissement).

Pour en rester aux "5 dernières années" du reportage, l'inflation entre janvier 2007 et avril 2012 a été de 4% et explique une part de la hausse de 19,45%.

Il faut ajouter les coûts d'une production plus maousse, spectaculaire pour faire (re)venir le spectateur que d'autres artistes et organisateurs tentent d'attirer sur leur propre concert (tu ne vas pas voir Metallica en 2012 pour revoir exactement le même spectacle qu'en 1993, alors que dans les jours qui suivent ou précèdent il y a une plusieurs autres événements de fortes dimensions dans un rayon de 150-200 km) et une organisation soumise à des normes (notamment de sécurité) plus strictes, donc plus coûteuse.

Donc, si l'on retranche les 4% du renchérissement, on peut se demander comment se répartissent les 15,45% restants entre (1) la hausse des cachets imputable à la logique de marché, (2) la hausse des coûts de production imputable à la concurrence pour offrir des shows toujours plus spectaculaires et (3) les coûts supplémentaires induits par le renforcement des normes de sécurité, en particulier.

Est-ce que Bon pour les oreilles, qui a donc fait ce reportage, a des infos à ce sujet?

Désolé de répondre tard, j'avais manqué cette discussion (d'où mon doublon dans la section "Médias").

Difficile de répondre à ta question. Comme mentionné dans le reportage, ces cachets s'expliquent par les moyens scéniques toujours plus gigantesques... mais pas seulement. A entendre tout le monde - ou presque - parler de l'effet de la crise du disque pour expliquer ces augmentations, on peut en conclure que les coûts techniques n'expliquent pas tout. Mais je suis plutôt partisan d'y voir une logique de marché, la loi de l'offre et de la demande.

Maintenant, ce sujet s'attachait uniquement au marché des "grands concerts". Si l'on plonge son nez dans les festivals, on constatera une hausse tout aussi importante des cachets, mais qui ne se justifie cette fois-ci pas par les investissements scéniques (rares sont les groupes à se déplacer avec l'entier de leur structure scénique pour des open airs et surtout nombreux sont ceux qui ne proposent rien de bien spécial). Cette hausse s'observe à tous les niveaux, chez les mammouths comme chez les plus petits festivals. Il n'est pas rare de voir les cachets multiplier 4 ou 5 par rapport à une date en club. Un détail pour certains, mais un vrai problème pour plusieurs manifestations, obligées de devoir renoncer à des artistes "émergents" mais gourmands qui feraient augmenter de 5 à 10 francs à eux seuls le prix du billet sans pour autant amener énormément de spectateurs supplémentaires.

En conclusion, je me permettrai de citer une phrase lâchée par Rossellat dans l'interview qui suivait ce sujet dans Mise au point: un cachet trop cher c'est un artiste qui ne remplit pas. Et en festival, il y en a beaucoup. Franchement, quel artiste programmé à Paléo cette année pourrait avec son seul nom attirer 35'000 spectateurs (à par David Guetta peut-être)? Idem à Gurten ou Saint-Gall? Après, tous ne sont sans doute pas aussi gourmands, mais il y a quand même de sacrées exagérations (un cachet, au hasard, entendus dans un festival alémanique cette année: Atlas Sound demandait 15'000 CHF pour jouer! Dans un festival attirant 3000 personnes, c'est 5 CHF, voire un peu plus, à ajouter au prix du billet, pour un artiste qui ramènera 50 personnes peut-être. De quoi expliquer l'absence de pas mal d'artistes indés sur les scènes des festivals suisses cette année...)

Merci pour ta réponse, qui appelle une réplique visant à creuser un peu la question de la "logique de marché".

L'explication par cette logique de marché mérite en effet à mon sens d'être approfondie. Ce pour plusieurs raisons.
D'abord, on relèvera que le marché des grands concerts comme celui des festivals est très opaque. Les professionnels (organisateurs, agents d'artistes, journalistes spécialisés, etc.) sont excessivement discrets sur la manière dont sont établis les prix/cachets et sur le montant même de ces prix/cachets. Si l'on compare ces marchés à d'autres, cette opacité est particulièrement frappante: aucun organisateur de festival ne dira publiquement le montant des cachets des artistes qu'il programme ou qu'il n'a pas pu programmer précisément en raison de ce montant. Alors que si tu achètes un litre de jus de pomme, pour prendre cet exemple, tu peux facilement savoir comment ce décompose son prix. Et si c'est facile, c'est parce que quelqu'un a contraint producteur et distributeur de jus de pomme à publier ces infos. Ce quelqu'un, c'est parfois (mais rarement) l'Etat, mais ce sont surtout les organisations de consommateurs et les médias spécialisés (FRC, ABE, etc.). Donc, pour que les consommateurs de concerts et festivals sachent ce qu'ils paient lorsqu'ils achètent un billet, il faudrait que les journalistes musicaux ou les médias traitant des questions de consommation en général investiguent et fassent parler les organisateurs et agents. Pour l'instant, avec ton reportage pour la RTS et, dans une moindre mesure, le papier de Barras, on a des informations très intéressantes, mais fragmentaires, d'une validité limitée à un type de spectacles, voire à un artiste particulier. À quand un ABE sur les festivals, voire sur les concerts en salle? Ou mieux: un Temps présent? Mais pour cela, il faudrait que les journalistes musicaux délaissent leur posture relativement connivente, sinon complice, qui est la leur dans les relations qu'ils entretiennent avec organisateurs, agents et artistes, et prennent le risque de froisser ces derniers en leur posant des questions sur les aspects économiques et financiers de leurs activités.

Ensuite, dans les citations des reportages et articles discutés ici, "le marché" est généralement réduit de fait au binôme offre (organisateurs) / demande (consommateurs de spectacles musicaux). On néglige ainsi une bonne partie de la chaîne de production de l'offre: les différents acteurs (artistes, agents, organisateurs, sponsors, médias généralistes et spécialisés, etc.), leur rôle et leurs intérêts respectifs, les contraintes spécifiques avec lesquelles ils composent. De même, comme sur tous les marchés, l'offre conditionne (crée même parfois) la demande. Les professionnels précités spéculent tous sur les attentes des consommateurs et se fondent sur ces spéculations, les artistes pour revendiquer le montant de leur cachet, les organisateurs pour concevoir leur programmation et faire la promotion de leurs spectacles (afin de conformer les attentes du public à la programmation proposée, selon les techniques ordinaires de la propagande commerciale), les journalistes pour évaluer non seulement les programmations ex ante, mais aussi le succès ou l'échec, ex post, de tel festival ou grand concert. Tel pourrait être le cahier des charges d'une enquête journalistique sur le marché des concerts et festivals telle que je l'appelle de mes voeux dans le paragraphe précédent.

Enfin, c'est clair que ce n'est pas très glamour d'appréhender la musique live par le biais économique et financier. Mais quand on te rabâche les oreilles à longueur d'année avec l'effondrement du marché du disque, les ravages du téléchargement, la hausse des cachets des artistes, etc., alors que, à titre personnel, tu dépenses annuellement des milliers de francs en disques et concerts, il est légitime de revendiquer une meilleure information de la part des professionnels.

Bon, alors, tu es partant pour une enquête de plusieurs mois sur la question? Wink
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BonPourLesOreilles

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MessageSujet: Re: dysfonctionnement des salles romandes   Lun 25 Juin - 11:42

Partant, bien sûr. Mais pas sûr de trouver quelqu'un pour financer une enquête de ce type... En un peu plus de 6 ans dans le journalisme, j'ai réussi à passer des sujets sur le prix des billets, la politique culturelle envers les musiques actuelles ou encore l'évolution des clubs et du marché du live. Mais je n'ai pas toujours rencontré de l'enthousiasme, notamment de la part de mes anciens chefs.

Par rapport à ton premier paragraphe, je pense qu'il n'est pas possible de comparer le prix d'un litre de jus d'orange et celui d'un concert. Car dans la musique, le variable le plus important est la subjectivité. Entre un jus granini et un jus M Budget, tu peux bien sûr avoir une différence de prix, mais elle est liée à de nombreux critères (qualité des oranges, lieux de production, coût de l'emballage, renom de la marque). En musique, ces critères sont beaucoup plus limités. Il y en a bien quelques uns d'objectifs (technique, taille de la salle, etc.), mais le plus important, et de loin, c'est le renom de la marque (si j'ose).
Pour ma part, dans le cadre du Mise au point, j'ai contacté des associations comme la FRC, mais elles n'ont pas de position sur le prix des cachets - et donc des billets - car ce n'est pas de leur ressort. Elles peuvent surveillent les frais de billetteries (ABE et On en parle ont fait des enquêtes sur le sujet), s'assurer que les spectateurs ne soient pas lésés (dans un cas comme le concert de Prince, par exemple) et gardent un oeil sur les "trusts" qui peuvent se développer dans la branche (un exemple, le groupe de presse Ringier qui possède 50% de Good News (et donc le festival Moons & Stars), 48% de Starclick et 48% de TicketCorner (dans chacune de ses entreprises, le pourcentage restant est détenu par leur partenaire Deutschland Entertainment AG)). Mais elles n'ont rien à dire sur le prix des cachets et des billets.
Au final, qu'on le veuille ou non, les prix sont fixés par une loi de l'offre et de la demande qui rappelle un peu celle qui régit un marché comme celui de l'art contemporain. Subjectivité, spéculation et, un peu quand même, de réalité commerciale. Ensuite, il y a bien des intermédiaires qui influent sur le marché, mais à ce jeu-là, je pense qu'il faudrait avoir les moyens d'aller creuser du côté de Londres - où sont situés les grands agents européens - voire des USA. Reste que l'acteur le plus important, selon moi, c'est le spectateur. En choisissant de payer son billet et de consommer dans un festival ou un concert, on soutient l'existence de l'événement. Que ce soit un club associatif, un festival indépendant ou une grosse machine rebaptisée du nom d'une marque de bière ou appartenant à un mammouth américain. Perso, quand je vais à des concerts ou des festivals hors boulot, je réfléchis à ce que j'ai envie de soutenir. Je me dis que c'est le seul moyen pour que ce "business" continue à ressembler à ce qui me plaît.

Enfin, je me permets juste de répondre quant à l'accusation de connivence. Je crois qu'un journaliste ne doit jamais avoir peur de froisser ses interlocuteurs. Sinon, ce n'est pas un journaliste. Dans ce milieu, il y a des gens que j'apprécie, mais ça ne m'empêche pas de faire mon travail. Du moins, je le crois. Et j'espère que mes collègues font de même. Sinon, malheureusement, tes impressions seraient pertinentes...
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